vendredi 2 février 2007

Papyrus, le dépôt institutionnel numérique de l'UdM : allez voir !

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai vraiment été enthousiasmée par la présentation de Pierre Lasou l'automne dernier dans le cours Institution, information et société où il nous a parlé des archives ouvertes. Saviez-vous que l'Université de Montréal s'est engagée dans cette voie ?

«Dans le cadre de l’Initiative de Budapest pour le Libre Accès (Budapest Open Access Initiative), les signataires, dont l’Université de Montréal, se sont engagés à faciliter l’accès aux résultats de recherche produits par la communauté scientifique. L’un des moyens préconisé est de mettre sur pied des dépôts institutionnels dans lesquels les chercheurs et professeurs peuvent déposer leurs documents.» (Papyrus, Université de Montréal)

Le dépôt, nommé Papyrus, contient à ce jour environ 650 documents de différentes disciplines, et l'EBSI y a bien sûr sa place.

Au Canada en 2005, 15 dépôts institutionnels étaient en opération.

Que pensez-vous des archives ouvertes ? Quel rôle le professionnel de l'information peut-il y jouer ?

Allez y faire un tour, entre deux TP !

4 commentaires:

Lucie a dit...

Les projets d'archives intitutionnelles, tel que Papyrus, représentent un bel effort de partage et de sauvegarde des connaissances.

Pour les chercheurs, par contre, la crainte de voir la présence de leurs travaux diluée à cause des différentes sources d'accès (via le site d'archives de leur institution, via le site de l'éditeur, via une revue OA etc) est une crainte.

Car avec la multiplication des sources, il y a une difficulté à calculer l'impact réel d'un article. De plus, tel que soulevé par JM Salaun dans son article Économie du document scientifique les chercheurs ne voient souvent aucun intérêt à déposer leurs recherches: "les chercheurs ont plus d'intérêt à être édités (...) qu'à être publiés". En résumé, la diffusion hors d'un cercle d'initiés, importe peu.

C'est donc à combattre cette fausse perception et à la recherche de solution que les bibliothécaires doivent s'attaquer. Car, plus encore qu'auteurs, les chercheurs sont en premier lieu des utilisateurs d'articles et recherches. Une diffusion plus large et bien organisée ne peut que devenir un stimulant à la recherche universitaire.

Cynthia a dit...

Avec les archives institutionnelles, je crois que c'est la chaîne documentaire qui bénéficie d'une occasion pour se transformer quitte à ce que certains joueurs, comme les éditeurs, y perdent des plumes. J'ai été étonnée du propos de Salaun rapporté dans le commentaire de Lucie : je crois au contraire que les chercheurs manifestent un intérêt ferme envers les dépôts institutionnels. J'ignore à quel point les interventions de ce blog doivent être documentées aussi est-il plus simple pour moi de simplement faire état de quelques souvenir de lectures...

Le mouvement des archives ouvertes provient, me semble-t-il, précisément de chercheurs (en physique) qui avaient besoin d'un cycle de publication plus léger que la publication en revue savante. Les preprints leur permettent d'avoir accès à des informations de pointe plus rapidement que par la voie traditionnelle. Il y a aussi des considérations éthiques : toute la recherche qui est effectuée à partir de fonds publics est traditionnellement publiée dans des revues que les universités ou départements doivent par la suite acheter(certains chercheurs doivent même débourser pour publier dans certaines revues - je n'ai pas trop compris en quoi cependant). En réponse à ce mouvement, des éditeurs ont fait pression sur les chercheurs en refusant de publier tout article qui aurait fait l'objet d'un preprint. Si les dépôts institutionnels existent toujours, c'est qu'il faut croire que les chercheurs ont tenu leur bout et que ces dépôts sont suffisamment importants pour eux pour passer outre cette menace.

Tant qu'à l'évaluation de l'impact d'un article, je pense que d'autres mécanismes pourraient éventuellement se développer. Un peu comme des sites web deviennent populaires, de la même manière des dépôt institutionnels pourraient avoir la cote (les spécialistes de l'information qui géreront ces dépôt y auront certainement quelque chose à y voir?). Le "peer review" n'est pas l'apanage exclusif des éditeurs de revue savante. De plus, l'affaire Sokal et la sociologie des sciences ont bien démontré que le "peer review" n'est pas une garanti de la qualité des articles sélectionnés. (Désolée de ne pas fournir de sources pour appuyer mes souvenirs).

Finalement, si le milieu des bibliothèques participaient activement à ce mouvement, une nouvelle stratégie pour contrer la flambée des abonnements aux ressources électroniques pourraient se former puisque les dépôts institutionnels, éventuellement mieux organisés et réseautés, offrent à moindre frais un accès alternatif à l'information scientifique.

Et mon dernier finalement, si les dépôts institutionnels devenaient la norme de publication, toute la recherche qui se fait en langue non-anglophone pourraient gagner en visibilité.

Lucie a dit...

Personne ne peut nier l’importance (actuelle et potentielle) des archives institutionnelles. Le milieu pourrait effectivement en bénéficier et loin de moi l’idée de protéger les éditeurs ! Aussi étonnant que peuvent paraître les propos de Salaun, des études effectuées dans plusieurs cercles universitaires démontrent cette réalité. La recherche de Kumiko Vézina, coordinatrice des ressources électroniques à Concordia, démontre que même si 31% des chercheurs québécois rencontrés sont familier avec le concept, seulement 12% ont auto-archivé leurs articles. De ce 12%, seulement 1.5% l’ont été dans un dépôt institutionnel !

Il est vrai que le mouvement des archives ouvertes provient des chercheurs, pour palier à la lourdeur des publications commerciales et reprendre le « contrôle » de leurs articles. Les considérations éthiques (auteur subventionné qui devient utilisateur de ses propres articles payé par d’autres subventions…) est aussi un aspect important dans la bataille pour les OAI et OAJ.

Concernant l’interrogation de Cynthia sur «certains chercheurs doivent même débourser pour publier dans certaines revues - je n'ai pas trop compris en quoi cependant », il s’agit principalement de modèle hybride d’Open Access – par exemple PLOS ou Biomed Central – ou l’auteur ou son institution doit payer pour être publié dans la revue. L’accès devient ensuite libre. Cela génère un imbroglio financier, car qui doit vraiment payer ? La faculté, le chercheur, le commanditaire, la bibliothèque…

Les facteurs d’impact, malgré leurs faiblesses, ont encore malheureusement une grande importance. Tant dans la vie d’un chercheur, que de sa faculté, que dans celle des revues… Effectivement, le milieu de l’information, avec l’aide des institutions et des chercheurs, pourraient voir à fabriquer un nouveau modèle d’évaluation. Même si ce n’est pas encore fait, il ne faut pas penser que les bibliothèques restent les bras croisés !

La création de consortium pour lutter avec les éditeurs et la participation des bibliothécaires au niveau de l’éditions, par exemple avec SPARC, démontre une vitalité du milieu et un souci de déboulonner l’omniprésence des éditeurs commerciaux.

Daniel Bourrion a dit...

Bonjour chers collègues (je suis en formation à l'ENSSIB, promotion Flora Tristan-DCB15). Sur la question des freins au dépôt, trois camarades et moi avons commis l'an dernier une enquête sur le sujet. Elle se trouve là http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00086084
et apportera peut-être de l'eau à votre moulin.
Bravo pour votre blog

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